Je n'ai jamais la réaction approprié à la situation.
Quoi qu'il arrive, je fais l'inverse de ce que j'aurai voulu faire.
Et je gâche
tout.
Plus je grandis et plus j'ai peur. De moi, des autres, de tout. Mais surtout de moi.
Et ma plus grande peur, parce-que j'en ai une maintenant, c'est de devenir comme elle.
Mais tu ne te rends pas compte que je le suis déjà, et que je finirai comme elle. J'en ai bien peur oui, et j'y pense, nuit et jour, comme si une maladie mortelle arrivait sur moi et que je la sentais venir, à grands pas, de plus en plus vite. C'est un peu ça. Et chacun de mes problèmes, j'en suis la cause.
Je serai dans cette même situation insuportable dans laquelle elle est, sans que personne ne se rende compte que c'est elle qui souffre le plus dans l'histoire, c'est évident, que c'est elle qui va mal. Et qu'elle ne s'en sortira jamais, parce-que c'est une maladie incurable. Je serai confrontée à cette même situation un jour où l'autre, à force de réactions innapropriées, jusqu'à ce que ma réaction soit de partir et vous laisser pour dire qu'enfin, j'arrête de réagir à côté d'la plaque. Encore une mauvaise réaction sans doute. Rien que le fait d'écrire ces mots est une mauvaise façon d'agir. Rien que le fait de penser que je suis comme elle, c'est une mauvaise façon de penser.
Jamais tu n'as essayé de comprendre ce qui n'allait pas chez moi, tu me demandes de sourire. Comme si tout ça, c'était juste ce qu'on appelle l'adolescence. Comme si tout ça c'était pour me donner un genre, le genre "je fais la gueule". Peut-être que si tu cherchais plus loin tu y verrai bien autre chose, mais forcément, on peut pas s'comprendre, parce-que moi je me renferme sur moi-même, et toi tu as ta fierté alors tu ne cherches pas plus loin. Tu m'expliques que tu as raison, et ça peut pas être autrement, j'peux pas avoir ma part de raison. Alors oui, j'fini bien par me dire que j'ai tord, et culpabiliser, et ce s'ra toujours comme ça.